L’ET DIT TÔT D’O.N.G – Par Ousseynou Nar Gueye] Le parti présidentiel ‘Kiiraay Les Patriotes Républicains’ est né; de la coalition électorale de conquête de mars 2024 au parti officiel de gouvernement du PR Diomaye Faye, graine de l’hivernage 2026 : un véritable tournant politique pour le Sénégal et pour le ‘Diomayat’

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NATIONS HEBDO – Le samedi 25 juillet 2026 restera une date très importante dans l’histoire politique récente de notre pays. 30 mois après la victoire de Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle de mars 2024 et alors que le gouvernement Lô poursuit la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, la coalition Diomaye Président a officiellement muté en une formation politique unifiée. Rassemblés en Assemblée générale constitutive, plusieurs centaines de responsables politiques, d’élus, de membres du gouvernement, de militants et de représentants des différentes composantes de la majorité ont adopté les textes fondateurs d’un nouveau parti baptisé Kiiraay Les Patriotes Républicains.
Le président Diomaye Faye présente son nouveau parti, « Kiiraay, les patriotes républicains »
« Kiiraay, les patriotes républicains » : c’est donc le nom de la nouvelle formation politique annoncée par le président de la République du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye tourne la page « Pastef les patriotes », dirigé par son ancien camarade-mentor et ex-Premier ministre désordonné et rétif, Ousmane Sonko. « Kiiraay » signifie « protection , bouclier» en wolof, et le président Diomaye Faye veut en faire une boussole sacerdotale dans toute son actions politique et étatique futuresl.
Protection de la République du Sénégal, protection des institutions, protection des valeurs ancestrales léguées aux nouvelles générations : « Kiiraay », le nouveau parti politique, dont le nom a été dévoilé ce samedi 25 juillet dans l’après-midi, a pour objectif de rebâtir l’espoir pour tout un peuple et dans tous ses segments. Le président de la République a rappelé que la patrie doit être au-dessus de tout clivage et toute ambition, « car on peut être adversaires un jour mais on reste frères tous les jours », pour citer ses mots.
Bassirou Diomaye Faye s’est mué en leader politique le temps d’un après-midi sous les ovations de militants et de sympathisants trop nombreux pour occuper la grande salle du King Fahd Palace – certains étaient obligés de suivre la prise de parole du chef de la coalition « Diomaye Président » sous un chapiteau dressé sur le parvis de l’hôtel du quartier des Almadies.
Le président de la République a également saisi l’opportunité pour lancer des piques à ses adversaires politiques, sans les citer, disant que « désormais, aucun va-t’en-guerre ne pourra troubler la quiétude des Sénégalais et leur désir de mieux servir la République « . Des mots destinés, selon certains militants, à son désormais ancien partenaire et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
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Au-delà d’un simple changement d’appellation, cet acte marque une nouvelle étape dans la construction du pouvoir issu des élections de 2024. Beaucoup d’observateurs y voient la volonté décisive et la décision transformationnelle de passer d’une coalition électorale aux contours fluctuants et à la pérennité douteuse à une organisation politique durable, structurée et capable d’accompagner les réformes institutionnelles, économiques et sociales engagées depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.
D’une coalition de conquête à un parti de gouvernement
L’histoire politique montre que les coalitions victorieuses sont souvent confrontées à une question essentielle : comment transformer une alliance de circonstance en une organisation pérenne ?
Au Sénégal, plusieurs expériences passées illustrent cette difficulté. Les coalitions construites autour d’échéances électorales ont parfois connu des divisions une fois le pouvoir acquis, faute de structures communes ou de projet organisationnel suffisamment consolidé.
La décision de transformer Diomaye Président en un parti unifié répond à cette problématique classique des démocraties contemporaines. L’objectif affiché est de fédérer des sensibilités diverses autour d’un même cadre politique, avec des règles communes, une doctrine, des instances de décision et une organisation nationale.
Cette volonté transparaît dès les premiers mots du président Bassirou Diomaye Faye.
« Les titres viendront plus tard, les fonctions aussi. Mais aujourd’hui, nous fondons une maison commune. »
Cette déclaration a été largement interprétée comme une invitation à privilégier la construction collective plutôt que les ambitions individuelles.Dans de nombreux partis de gouvernement, les périodes fondatrices sont souvent marquées par des rivalités autour des responsabilités internes. En choisissant de reporter le débat sur les postes, le chef de l’État a placé la cohésion organisationnelle au premier plan. Une parole présidentielle centrée sur la responsabilité. Le discours présidentiel a été marqué par une insistance sur la responsabilité attachée à l’exercice du pouvoir.
Bassirou Diomaye Faye a notamment déclaré :
« Quand on est opposant, on est responsable de rien. Mais lorsque l’on exerce le pouvoir, on est responsable de tout. »
Cette formule établit une distinction entre la logique de contestation propre à l’opposition et celle de la gestion de l’État. Elle rappelle qu’une fois aux responsabilités, un gouvernement est jugé non seulement sur ses intentions, mais aussi sur les résultats obtenus, la qualité des politiques publiques et le fonctionnement des institutions. Le président a également insisté sur une conception inclusive de sa fonction :
« Je suis le Président de tous les Sénégalais. »
Cette affirmation s’inscrit dans la tradition républicaine selon laquelle le chef de l’État représente l’ensemble de la Nation au-delà des appartenances partisanes.
La métaphore du « Diombo », la mauvaise herbe : une pédagogie politique
L’un des moments les plus commentés de cette Assemblée générale a été l’évocation du Diombo, une plante bien connue dans certaines régions rurales du Sénégal. En partageant ce souvenir de son enfance dans une famille paysanne, Bassirou Diomaye Faye a proposé une métaphore destinée à illustrer la différence entre l’apparence et le résultat.
Selon lui,
« Le temps est le plus honnête des juges. Il sépare à la fin ce qui nourrit de ce qui occupe, ce qui construit de ce qui promet, et ce qui sert de ce qui dessert. »
Au-delà de l’image agricole, cette référence invite à évaluer l’action publique à l’aune de ses effets concrets plutôt que de son discours. Dans l’histoire politique sénégalaise, les métaphores tirées du monde rural ont souvent été utilisées pour rendre accessibles des notions complexes liées à la gouvernance, au développement ou à la responsabilité.
Pourquoi le choix du nom « Kiiraay » ?
Le choix d’un nom de parti constitue toujours un acte politique. Selon les explications données par les responsables de la nouvelle formation, Kiiraay renvoie au parapluie, objet familier dans la culture sénégalaise. Le parapluie protège de la pluie, mais aussi du soleil. Dans l’imaginaire collectif, il peut évoquer l’abri, la solidarité et l’idée d’une protection commune. Les dirigeants du parti présentent ce symbole comme l’expression d’une organisation qui entend rassembler des sensibilités diverses autour d’un projet politique commun. L’ajout de l’expression « Les Patriotes Républicains » souligne également une volonté de conjuguer deux registres : le patriotisme, entendu comme l’attachement à la Nation , et qui n’est pas laissé à Pastef – Les Patriotes de Sonko le dissident majoritaire à lAssemblée nationale; le républicanisme, qui renvoie au respect des institutions, de l’État de droit et de l’intérêt général, mais est aussi un clin d’oeil appuyé l’APR, Alliance pour la République, le parti politique de l’ancien Président Macky Sall, formation dans laquelle le parti du PR Diomaye pourrait recruter massivement. Pour les fondateurs, ces deux dimensions du patriotisme et de l’esprit républicains sont complémentaires.
Une identité visuelle riche en références
Le logo adopté par Kiiraay associe plusieurs éléments graphiques. Parmi eux figurent le parapluie (Kiiraay) , un poing fermé ; la carte du Sénégal ; et une couronne de lauriers.
Dans leur présentation officielle, les responsables du parti expliquent que chacun de ces symboles possède une signification particulière. Le parapluie renvoie à la protection collective. Le poing fermé est présenté comme l’expression de la détermination et de l’engagement. La carte du Sénégal rappelle que l’action politique est censée être orientée vers l’intérêt national. Enfin, la couronne de lauriers évoque traditionnellement la réussite, le mérite et la continuité de l’État. En communication politique, la combinaison de symboles nationaux et d’éléments facilement identifiables vise généralement à rendre une identité visuelle immédiatement reconnaissable par les militants comme par le grand public.
Une référence assumée à Cheikh Anta Diop
Les initiateurs du parti ont également cité la pensée du professeur Cheikh Anta Diop, notamment autour de la nécessité pour un peuple de préserver son identité historique et culturelle.
Cette référence s’inscrit dans une tradition intellectuelle déjà présente dans plusieurs courants politiques sénégalais, qui voient dans l’œuvre de Cheikh Anta Diop une source de réflexion sur la souveraineté, la mémoire historique et la valorisation des ressources africaines.
Le rapprochement avec les objectifs de l’Agenda Sénégal 2050 traduit la volonté affichée par les fondateurs de relier leur projet politique à une vision de long terme fondée sur les souverainetés alimentaire, énergétique, économique et culturelle.
Aminata Touré : construire une force politique durable
L’ancienne Première ministre Aminata Touré a décrit cette création comme un moment marquant pour la majorité présidentielle.
Elle a déclaré :
« Nous construisons une force politique au service du Sénégal. »
Elle a également insisté sur le caractère inédit de la fusion entre plusieurs partis, mouvements citoyens et associations.
Cette démarche vise, selon elle, à créer une organisation suffisamment structurée pour accompagner durablement les réformes engagées depuis 2024.
Moussa Balla Fofana : le patriotisme comme action
Le ministre Moussa Balla Fofana a développé une réflexion sur la notion de patriotisme.
Selon lui,
« Être patriote, c’est avoir la nation dans le cœur. Mais cela ne suffit pas. »
Il a poursuivi en expliquant que l’attachement au pays devait se traduire par des politiques publiques créatrices de richesses, d’emplois et de transformation économique.
Il a également salué le style de gouvernance du chef de l’État :
« Le Président Diomaye sait écouter, soutenir et surtout comprendre ses collaborateurs. »
Me Abdoulaye Tine : des origines militantes à l’institutionnalisation
Revenant sur les différentes étapes ayant conduit à la création du parti, Me Abdoulaye Tine a rappelé le processus engagé depuis la lettre de mission de novembre 2025, les travaux de mars 2026 puis la relecture des statuts.
Il a replacé cette évolution dans la continuité de la victoire présidentielle de 2024 obtenue dès le premier tour.
Il a notamment déclaré :
« Nous avions une arme qu’ils n’avaient pas : la vérité. Nous avions une force qu’ils ne pouvaient pas acheter : le peuple. »
À destination des militants, il a également souligné :
« Le parti ne se fera pas en un jour, ni en un seul discours. Il se construira sur le terrain. »
Les défis d’un parti de gouvernement
Au-delà de la symbolique de sa naissance, Kiiraay sera désormais évalué sur sa capacité à remplir les fonctions généralement attendues d’un parti de gouvernement : structurer la majorité, former ses cadres, favoriser le dialogue avec les citoyens et accompagner la mise en œuvre des politiques publiques.
L’expérience de nombreux systèmes démocratiques montre que la pérennité d’un parti dépend autant de son organisation interne que de sa capacité à renouveler ses idées, à gérer les débats internes et à maintenir un lien avec les électeurs.
Pour Kiiraay, l’enjeu sera de transformer l’élan de la victoire électorale en une dynamique politique durable, tout en conciliant l’exercice du pouvoir avec les attentes d’une société sénégalaise exigeante sur les questions de gouvernance, d’emploi, de justice sociale et de développement.
Une nouvelle séquence politique
La création de Kiiraay ouvre une nouvelle phase de la vie politique sénégalaise. Après la conquête du pouvoir en 2024, la majorité présidentielle cherche désormais à consolider son ancrage institutionnel et organisationnel. Les discours prononcés lors de l’assemblée constitutive mettent l’accent sur la responsabilité de l’action publique, la structuration d’un parti appelé à durer et la volonté affichée de placer l’intérêt national au cœur de son projet.
Reste désormais l’épreuve décisive de toute formation au pouvoir : la capacité à traduire ces orientations en résultats concrets et en futurs gains électoraux. C’est sur ces terrains, comme l’a rappelé le président Bassirou Diomaye Faye à travers la métaphore du Diombo, que « le temps » constituera, en définitive, « e plus honnête des juges ».
Comme l’auteur de ces lignes aime à le dire : « le temps fait le tri ».
Par Ousseynou Nar Gueye 
-Directeur Général du cabinet Axes et Cibles Com (www.axes-cibles-com.sn)
-Directeur de Publication de NATIONS HEBDO (www.nations-sn.com)
-Ancien Responsable de la Communication Institutionnelle de l’ADEPME (www.adepme.sn)
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