[TRIBUNE] INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : ‘agir pour sa régulation, pas par peur mais avec raison et lucidité’ (Par Guila THIAM)

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NATIONS HEBDO – En sortant du cycle des alertes de précaution, périodiques depuis 2023, pour passer résolument à l’action.

 

Faire des pas de plus que l’appel de l’ONU, le 15 septembre 2026, à une « coordination mondiale » sur l’IA ; en capitalisant et en allant aussi au-delà de sa résolution 79/325 qui avait déjà permis à l’UIT et l »UNESCO de coordonner, en juillet, deux journées sur la première session mondiale de L’ONU sur le Dialogue Global sur la Gouvernance de l’IA (AI Dialogue).

Par un nouvel angle d’attaque

– En ne les négligeant pas ou en ne surréagissant pas aux signaux d’alarme, émis depuis un mois, par des entreprises de pointe en IA. Mais en leur demandant de traduire cela en engagement de contributions volontaires au financement d’une agence de l’ONU qui serait en charge de la régulation des produits IA mis ou à mettre sur le marché (grand public, entreprises, institutions spécialisées ou pays). Tout en leur demandant d’adhérer aussi au principe d’une autre source de financement par prélèvement obligatoire sur le montant des investissements pour les infrastructures de l’IA. Le passage de certains d’entre eux devant l’AG en cours de l’ONU est une fenêtre d’opportunité.

– En amenant aussi les acteurs qui ne souhaitent pas de ralentissement dans l’évolution de l’IA, à adhérer à la mise en œuvre de ces deux sources de financement. Le fait que la régulation ne porte pas sur la recherche ou le développement, mais sur la mise sur le marché, devrait les rassurer. Tout comme les pays qui ont les mêmes positions qu’eux sur le sujet.

– En mettant en place un groupe de travail pour définir avec tous les acteurs les lignes rouges pour la recherche et le développement en IA sur l’ingénierie logicielle des IA, la cybersécurité, les secteurs pharmaceutiques, chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires… En effet, il ne s’agit ni de donner crédit à des entreprises initiées ou de se satisfaire de les laisser définir isolément des chartres avec leurs propres lignes rouges et règles internes de sécurité, ni de s’alarmer, mais d’élargir la prise de conscience, de mieux saisir ce que représentent l’IA et ses développements et de définir comment mettre cela au mieux au service de l’humanité. Donc, tous concernés : usagers, sociétés civiles, pays, regroupements sous régionaux, régionaux et mondiaux de pays, prestataires, développeurs et investisseurs en IA, chercheurs, penseurs, philosophes, scientifiques, industriels, ….

Comment ?

Par des actes dans un futur immédiat pour que tous se sentent concernés et soient amenés à se prononcer et à convenir de règles convergentes pour l »Agence de régulation, à mettre en place, sur:

– l »organisation de la concurrence entre les prestataires d’IA et leurs pays;

– la gestion ðes conflits entre acteurs ou pays;

– Ce que l’on peut autoriser l’IA à faire seule ;

– la conduite d’un audit approfondi des systèmes existants, de leur sécurité et de leurs règles d’évaluation ;

– Les modalités du développement et de mise sur le marché de nouveaux produits;

– Des limites éthiques de développement, des organes de contrôle, d’évaluation des risques et des potentialités de transgressions. Surtout pour tout ce qui relève de l’autonomie de décision. Tout acteur devant, si convoqué devant un comité ad hoc de l »Agence, étayer sa conformité ;

– une approche plus collaborative que strictement concurrentielle sans brider les capacités d’innovation tout en assurant d’avoir les ressources ou les compétences pour réguler les applications;

– La mise à disposition de correctifs utiles pour les risques connus (éthiques, droits humains, authenticité, sécurité, …) et pour le suivi quant à l’avenir.

L’ONU pouŕrait même lancer une initiative portant appel à contribution structurée directe sur tous ces sujets.

Pour quel résultat escompté ? 

Une instance mondiale de régulation et de réglementation de l’IA qui puisse promouvoir, surveiller et coordonner les divers axes de recherche et de développement, informer le public sur les meilleurs usages et les plus surs pour eux, évaluer les risques et les écarts et prendre des mesures. Servant ainsi à convenir de cadre de développement de la technologie pour tirer le meilleur bénéfice de ses outils et démocratiser leur usage sécurisé. Une régulation intelligente qui fédère la veille des institutions en charge, l’information des usagers pour un accès démocratique et sécurisé pour tous et l’assurance d’un développement harmonieux et maitrisé des applications et des infrastructures.

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