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[FMI-SÉNÉGAL] Seule la dette en millions de dollars et d’euros sera ‘restructurée’, la dette sous-régionale en milliards de FCFA ne sera pas restructurée

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Accord du Sénégal avec le FMI: les défis de Dakar pour apurer sa dette sans plomber les budgets sociaux

Si le programme, conçu pour donner un coup de pouce aux finances publiques sénégalaises dans le rouge, doit encore être soumis à approbation du FMI à Washington, il suscite déjà de nombreuses interrogations auprès des citoyens sénégalais et des opérateurs économiques. Pour décrocher cet accord, le Sénégal a accepté de traiter sa dette, c’est-à-dire de négocier avec un certain nombre de créanciers pour la rendre soutenable.

Dakar, le 2 septembre 2026: conférence de presse du ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba (au centre), sur la signature d’un accord avec le FMI.
Dakar, le 2 septembre 2026: conférence de presse du ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba (au centre), sur la signature d’un accord avec le FMI. © 

NATIONS HEBDO- De la correspondante se Rfi à Dakar- Seule la dette en euros et en dollars va être soumise à renégociation. Reste exclue, pour le moment, la dette régionale libellée en CFA. Dans l’immédiat, cela permet au Sénégal d’éviter de fragiliser le système bancaire régional et de continuer à emprunter sur le marché régional.

Le ministère de l’Économie et des Finances a d’ailleurs déjà annoncé vouloir faire trois appels publics à l’épargne dans les prochains mois pour lever des fonds.

Cette stratégie d’endettement régional reste risquée. La dette en CFA – multipliée par 5 en cinq – a augmenté de 34% en 2025 pour représenter plus du tiers du stock de la dette à la fin de l’année dernière (–35% selon le ministère de l’Économie et des Finances–) avec des taux d’intérêts relativement élevés (entre ,4% et 8,3%). Le Sénégal n’est donc pas à l’abri d’une restructuration de cette dette intérieure d’ici quelques mois assurent les analystes joints par RFI.

Pour « traiter » sa dette extérieure, Dakar a confirmé qu’il allait se servir du Cadre commun du G20, un mécanisme mis en place en 2020 qui vise à aider les pays en difficulté à renégocier ou annuler certaines dettes, mais sous conditions strictes.

De multiples créanciers

En quoi vont consister les discussions ? Le ministère de l’Économie et des Finances confirme qu’un reprofilage, c’est-à-dire un report du paiement de certaines échéances sera demandé. Il reste flou par contre sur de possibles demandes de réductions des montants à rembourser.

Les discussions ne seront en tout cas ni simples, ni rapides au vu du nombre de créanciers différents, à savoir la Chine et la France, mais aussi des détenteurs d’eurobonds et des banques commerciales aux intérêts tous différents. Or il faut avancer vite, car le Sénégal a promis de continuer à honorer ses échéances et l’avancée des négociations avec ses créanciers conditionnent l’obtention du prêt avec le FMI.

Quel coût social ?

Enfin reste la question du coût social de cet assainissement des finances publiques.

Si le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a promis 300 milliards de FCFA pour apurer les dettes auprès des entreprises publiques – et que l’accord ne va pas provoquer des coupes dans les secteurs sociaux comme la santé et l’éducation – il a aussi prévenu que les subventions à l’électricité seront revues pour bénéficier aux familles qui en ont vraiment besoin. « 65% de la subvention est allouée aux consommateurs les plus aisés », a expliqué Cheikh Diba devant la presse cette semaine, estimant cette situation « inéquitable et difficilement tenable pour nos subventions publiques ».

Une mesure qui inquiète déjà les organisations de la société civile comme l’a fait savoir le FRAPP, proche du Pastef d’Ousmane Sonko.

Le FMI a par le passé été critiqué pour des coupes budgétaires drastiques (masse salariale publique, subventions, budgets sociaux…) et réformes structurelles (hausse de la fiscalité, privatisations, réforme du marché du travail) imposées aux États en échange de son aide. « Tout allègement du service de la dette doit se traduire, de manière mesurable, par plus de prise en charge budgétaire de l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, la protection sociale, l’économie sociale et solidaire et la résilience des communautés », a de son côté mis en garde dans un communiqué le think tank Legs Africa.

La déclaration de politique générale du chef du gouvernement attendue mardi 8 septembre sera une première occasion de donner plus de détails sur la stratégie du gouvernement.

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