[FOCUS] PRÉPARATIFS DU 18 SAFAR À MBALÉM TOUBA : Les Baay Fall en grand chantier pour préparer la cité sainte au Grand Magal (RTS)

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NATIONS HEBDO

 

Bien avant que les fidèles ne convergent vers Touba pour commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, un autre rendez-vous mobilise la communauté mouride. Connu sous le nom de « Mbalém Touba », ce vaste chantier de salubrité ouvre traditionnellement les préparatifs du Grand Magal et transforme, pendant plusieurs jours, la cité religieuse en un immense espace de travail communautaire.

Dès le début du mois lunaire de Safar, des milliers de Baay Fall venus de différents horizons se déploient dans les quartiers, les marchés, les cimetières, les caniveaux et les principales artères de la ville. Munis de balais, de pelles, de râteaux, de brouettes et de camions, ils procèdent au ramassage des déchets, au désensablement des voies et au curage des caniveaux afin de préparer Touba à accueillir les millions de pèlerins attendus pour le Magal.

Le travail comme expression de la foi

Pour les Baay Fall, le « Mbalém Touba » ne se résume pas à une opération d’assainissement. Il s’inscrit dans la khidma, cette notion fondamentale du mouridisme qui fait du service rendu à Cheikh Ahmadou Bamba une forme de dévotion.

Héritée de Mame Cheikh Ibrahima Fall, principal disciple du fondateur du mouridisme, cette tradition place le travail au cœur de l’engagement spirituel. Balayer une rue, dégager un caniveau ou évacuer des ordures devient un acte d’adoration lorsqu’il est accompli dans le respect du ndigël, la recommandation du guide religieux.

Au fil des décennies, cette culture du travail s’est imposée comme l’une des marques distinctives de la communauté Baye Fall, dont les membres sont régulièrement sollicités pour des missions d’intérêt collectif dans la cité religieuse.

Une organisation bien rodée

Le « Mbalém Touba » est aujourd’hui une opération structurée, pilotée par les responsables de la communauté Baye Fall en coordination avec le comité d’organisation du Grand Magal.

Les équipes sont réparties par secteurs afin de couvrir l’ensemble de la ville. Les opérations bénéficient également du soutien des autorités publiques, qui mettent à disposition du matériel, des camions, des bennes et des engins lourds pour renforcer les capacités d’intervention. Cette année encore, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a remis un important lot d’équipements destinés aux opérations de nettoiement, avec l’appui de la Sonaged et de la Direction du Cadre de vie.

Le satisfecit du Khalife général des Mourides

À l’issue de cette campagne de salubrité, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a adressé un message de félicitations aux Baay Fall.

Dépêché auprès d’eux, son porte-parole, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, a transmis les encouragements et la satisfaction du guide religieux, saluant le travail accompli dans la préparation du Grand Magal. Au nom du patriarche de Gouy Mbind, il a également rendu un hommage appuyé au Khalife général des Baay Fall, Serigne Amdy Khady Fall, pour son engagement dans la conduite de cette vaste mobilisation.

Le porte-parole du Khalife a insisté sur « l’abnégation totale » des Baay Fall, rappelant que, dans cette tradition, le ndigël prime sur toute autre considération, jusqu’à « l’effacement de soi ». Un message qui réaffirme la place centrale de l’obéissance et du service dans la philosophie Baye Fall.

Une tradition au service de la cité religieuse

Au-delà de son caractère spirituel, le « Mbalém Touba » est devenu un élément essentiel de l’organisation du Grand Magal. En contribuant à l’assainissement de la ville avant l’afflux des pèlerins, les Baay Fall participent à l’amélioration du cadre de vie et au bon déroulement de l’un des plus importants rassemblements religieux d’Afrique de l’Ouest.

Cette mobilisation illustre aussi la capacité d’organisation de la communauté mouride autour d’un objectif commun. Elle rappelle qu’à Touba, la foi ne s’exprime pas uniquement dans les prières ou les récitations de Khassaïdes, mais également dans le travail, le don de soi et le service rendu à la collectivité.

Le « Mbalém Touba » incarne ainsi une tradition où la salubrité devient un acte de dévotion et où chaque coup de balai est perçu comme une manière de servir l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba.

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