[FOCUS-GROS PLAN] INONDATIONS DANS LA RÉGION DE DAKAR : Keur Massar, la zone de résistance (Par Cheikh Thiam)

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NATIONS HEBDO

 

Dans la région de Dakar, le département de Keur Massar est devenu l’épicentre des inondations. Depuis des mois, des travaux y sont menés pour venir à bout de ce fléau. Les populations sont partagées entre espoir et crainte de revivre les affres des eaux stagnantes

Le 46ème département du Sénégal demeure l’endroit où il y a le plus de poches de résistance en ce qui concerne la lutte contre les inondations dans la région de Dakar. Malgré les moyens colossaux mis par l’État, cette partie de la banlieue dakaroise reste en proie aux inondations et le désarroi gagne les populations, à chaque fois que le ciel ouvre ses vannes.

C’est le constat fait dans des zones comme l’Unité 3 des Parcelles Assainies de KMS, Enda, Firdawsi et Aladji Pathé où les ouvriers sont à pied d’œuvre pour terminer les chantiers entamés pour mettre fin aux inondations. De gros engins, des travailleurs suant à grosses gouttes : c’est le décor constaté à certains points spécifiques.

Mais impossibles de leur soutirer un mot. Ils n’en ont pas le droit, avancent des ouvriers rencontrés sur les lieux.

Du côté des populations, les sentiments sont mitigés. On est optimistes en même temps un peu inquiets, à l’image d’Anta Sow, croisée à Aladji Pathé, qui revenait du marché. Très à l’aise sur le sujet, elle garde une dose d’anxiété. « Mon frère, nous sommes très inquiets à vrai dire, même si nous voyons les travaux. Habiter dans une maison inondée, il faut l’avoir vécu pour savoir combien c’est pénible. Nous croisons les doigts pour que les travaux entamés se terminent à temps », indique-t-elle.

Même son de cloche chez Gorgui Ndiaye. « Il peut pleuvoir à n’importe quel moment. Tout ce que nous voulons, c’est d’accélérer les travaux. Ça presse. Moi, je me méfie des annonces des autorités. Une année, nous en avons tellement eu, mais aux premières pluies, ça inondait de partout, alors qu’on nous avait promis le contraire. On doit arrêter de politiser la question des inondations dans ce pays. Moi, je crois plus aux spécialistes qu’aux politiques », martèle le vieux retraité, chapelet à la main.

Amadou Sy de l’unité 3 est, lui, très optimiste. « C’est de gros travaux avec de gros moyens. Il faut du temps pour cerner cette question. Je suis très optimiste. Ne soyons pas impatients. De l’argent a été dépensé ici, mais il faut du temps. Mon avis est que les inondations seront de vieux souvenirs sous peu », déclare-t-il.

Le constat général à Keur Massar est que de gros travaux sont en cours, mais reste à savoir s’ils vont se terminer avant le début de l’hivernage.

SUIVI DES CHANTIERS À KEUR MASSAR

Ce que le ministre Cheikh T. Dièye disait

Il y a quelques semaines, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement s’est rendu dans les endroits critiques du département de Keur Massar pour voir l’état d’avancement des travaux engagés en prévision des inondations.

Dans le cadre du suivi des diligences anticipatives engagées par le Gouvernement pour la prévention et la gestion des inondations, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a effectué, il y a quelques semaines, une importante visite de terrain dans plusieurs zones sensibles du département de Keur Massar et de la banlieue dakaroise.

Cette mission de supervision et d’évaluation l’a conduit le Ministre et les structures techniques concernées à plusieurs endroits, notamment les travaux de drainage du cimetière de Thiaroye-sur-Mer, du collecteur d’eaux pluviales EP3 aval, ainsi que du canal SDV de Mbao.

Cette visite visait, entre autres, à évaluer l’état d’avancement des travaux, à identifier les contraintes rencontrées sur le terrain, à accélérer les diligences requises à l’approche de l’hivernage et à renforcer les mécanismes opérationnels de prévention.

Le Ministre avait rappelé que cette nouvelle approche de gestion des inondations traduit la volonté de passer d’une logique de réaction à une véritable culture d’anticipation, d’efficacité, de résilience et de protection durable des populations.

Il avait insisté sur la nécessité d’accélérer les travaux, de lever rapidement les contraintes identifiées et de garantir des ouvrages durables, performants et adaptés aux réalités des territoires, afin de livrer, dans les délais requis, des infrastructures de qualité conformes aux orientations fixées lors du Conseil national de Gestion des Inondations (CNGI).

Une rallonge de 3 milliards de francs CFA pour diligenter les travaux

Il faut également préciser qu’à Keur Massar, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a alloué l’an dernier une enveloppe de près de 3 milliards de francs CFA pour les actions prioritaires de prévention et de gestion des inondations cette année. Ce montant, coordonné par la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations, visait à soutenir les autres structures déjà en charge de la gestion des inondations, avait précisé le ministre Dr Cheikh Tidiane Dièye. Une augmentation de 50% de l’enveloppe, sur instruction du Premier ministre, dans le but de mieux lutter contre les inondations, notamment dans les zones les plus critiques.

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TROIS QUESTIONS À MADICKÉ CISSÉ (DIRECTEUR DE LA PRÉVENTION ET DE LA GESTION DES INONDATIONS)

« Nous travaillons pour réduire le risque d’inondation »

 

Quelles mesures sont prises pour éviter les inondations dans la capitale ?

Pour répondre à cette question, je vous dis d’emblée que nous ne travaillons pas pour éviter les inondations, mais plutôt pour réduire le risque d’inondation. Une nuance très importante à préciser, car nous ne pouvons pas lutter contre les inondations, mais nous pouvons réduire le risque d’inondation.

En quoi cela consiste-t-il ?

D’abord, je précise que dans la capitale comme à l’intérieur du pays, les structures opérationnelles ainsi que les acteurs communautaires sont tous à pied d’œuvre pour procéder au curage des canaux et des différents réseaux de drainage.

Aussi, là où il n’y a pas de réseau, la BNSP (Brigade nationale des sapeurs-pompiers), particulièrement en rapport avec les structures, est en train de prépositionner des motopompes à gros débit selon un plan d’engagement défini par la brigade. Autrement dit, on ne déploie pas tous les moyens en même temps ; il y a un plan d’engagement défini qui va en crescendo.

Aujourd’hui, la feuille de route définie par les autorités est en train d’être exécutée, et un suivi rapproché est effectué par les autorités pour remonter les difficultés et les contraintes afin que nous puissions traverser l’hivernage correctement.

Qu’en est-il des moyens techniques et financiers ?

En termes de moyens techniques et financiers, il n’y a aucun problème à ce niveau. Même si les questions financières sont et seront toujours d’actualité, la volonté affichée par le gouvernement est que les dépenses relatives aux inondations sont prioritaires en ces temps.

 

 

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