NATIONS HEBDO – Successivement, Colombie, Bolivie, Argentine, Équateur, la droite fasciste néocoloniale vassale du fascisme impérialiste US l’emporte électoralement sur la gauche souverainiste, anti-libérale, anti-impérialiste.
Une fois élue, la droite fasciste s’attaque aux libertés et à l’État de droit comme elle vient de le faire en Équateur par la mise en prison du candidat de la gauche à quelques semaines d’une nouvelle élection. Lula avait été embastillé pendant 580 jours par le fasciste Bolsonaro père avant d’emporter la victoire électorale de 2022 par près de 2 millions de voix d’avance.
Devancé par le fasciste Bolsonaro fils au premier tour, Lula gagne encore une fois le second tour grâce à la mobilisation d’une masse importante d’abstentionnistes du premier tour.
L’arrivée du trumpisme fasciste au pouvoir au USA a donné un coup de fouet aux fascistes néocoloniaux sud-américains contre le souverainisme bourgeois, petit-bourgeois et populaire dans chaque pays d’Amérique du Sud.
Les avancées anti-libérales et anti-impérialistes dans les différents pays ont produit en 2004 l’ALBA (alliance bolivarienne pour les Amériques) à l’initiative de Fidel Castro, d’Hugo Chavez et Daniel Ortéga et en 2010 la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes) qui rassemble la majorité des pays d’Amérique hors USA, Canada et les colonies française, britannique, danoise et hollandaise des Caraïbes.
C’est pour briser cet élan souverainiste sud-panaméricain, mais aussi à l’échelle mondiale, que le document de « stratégie de sécurité nationale des USA de 2025 » annonce « mobiliser toutes les ressources de notre puissance nationale… nous voulons garantir notre accès continu à des emplacements stratégiques clés. En d’autres termes, nous affirmerons et appliquerons un ‘’corollaire Trump’’ à la doctrine Monroe… Il s’agit là des intérêts nationaux fondamentaux et vitaux des États-Unis ».
Le ‘’corollaire Trump à la doctrine Monroe’’, dit le document, « nous donne un moyen de pression sur les pays qui souhaitent accéder à nos marchés; Le système financier et les marchés de capitaux les plus importants au monde, notamment le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale… L’armée la plus puissante et la plus compétente au monde; Un vaste réseau d’alliances, avec des alliés et des partenaires dans les régions les plus importantes sur le plan stratégique… Un « soft power » et une influence culturelle inégalés… La politique étrangère… est avant tout motivée par ce qui fonctionne pour l’Amérique, ou, en deux mots, ‘’l’Amérique d’abord’’ ».
Ce « vaste réseau d’alliances, avec des alliés et des partenaires dans les régions les plus importantes sur le plan stratégique » est de plus en plus constitué par les nazis bandéristes du nom de Bandera qui commandait les troupes ukrainiennes de l’armée hitlérienne contre l’URSS, des djihado-terroristes financés par les théocraties des pétro-dollars qui mènent la guerre des impérialistes de la Syrie, Libye au Sahel contre l’AES, des fascistes qui relèvent la tête dans l’Union Européenne et de la droite fasciste dans les pays d’Amérique du Sud.
Comme nous l’écrivions dans notre analyse de ce document de « STRATÉGIE DE SÉCURITÉ NATIONALE DES USA OU COMMENT TENTER DE MAINTENIR SON HÉGÉMONIE MONDIALE ? » : « Depuis 1989/91, chaque pouvoir US successifs s’est évertué à essayer de préserver la domination impérialiste sur la planète par l’imposition du libéralisme idéologique et les guerres agressives de « faible intensité » en Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Somalie, Libye, Syrie, AES, etc. Trump est arrivé au pouvoir en bousculant le bipartisme « Républicains et Démocrates » et en promettant de « ré-industrialiser », de « renforcer l’externalisation punitive des lois US » et de « préserver la dollarisation du commerce mondiale ». « Au delà de leurs différences d’approche de la solution au déclin US de plus en plus menacé d’effondrement, tous les présidents US demeurent des libéraux obsédés par le développement fulgurant du socialisme chinois, par le besoin de maintenir le système néocolonial mondial, d’empêcher la souveraineté des peuples sur leurs matières premières et de freiner le développement des vrais pays émergents ».
L’on a vu lors de la campagne électorale au Brésil, tout comme celles au Vénézuela de Chavez à Maduro, en Colombie, en Argentine, au Chili, en Bolivie, pour ne citer que ces exemples récents, des ingérences manipulatoires de cette agence de la CIA qu’est la NED (New Endowment for Democracy) qui a été le laboratoire des prétendues « révolutions colorées » et autres « printemps démocratiques » fossoyeurs des légitimes soulèvements des peuples contre les pouvoirs bourgeois et/ou théocratiques vassaux de l’impérialisme.
La contradiction fondamentale posée et à résoudre pour sortir le Brésil de la menace fasciste résulte de la capacité de la gauche antilibérale et anti-impérialiste à non seulement s’opposer à la mainmise US mais aussi à écraser politiquement la bourgeoisie compradore fasciste tout en contraignant la bourgeoisie souverainiste brésilienne à concéder les conquêtes sociales et démocratiques portées par le mouvement ouvrier, des paysans sans terres et des Amérindiens protecteurs de la forêt Amazonienne.
Voilà pourquoi dans notre article « En octobre 2002 lors de sa première élection, nous écrivions que Lula allait devoir choisir entre la bourgeoisie et les travailleurs en interrogeant le fait que « le projet de Lula est un ‘’partenariat entre syndicats ouvriers, mouvements paysans et patrons’’, pacte social entre le capital et le travail qu’il a expérimenté dans la gestion municipale en utilisant ‘’la transparence et la démocratie participative’’ ». « Cette recherche du compromis historique entre capital et travail sans différenciation claire entre bourgeoisie souverainiste et compradore (servile à l’impérialisme) va se révéler être un facteur d’affaiblissement du pouvoir de la gauche (Parti des Travailleurs). « Le plus grand pays et le plus peuplé d’Amérique du sud – 8.515.759 km² et 212.777.038 habitants (2021) – est, en effet, tiraillé entre une bourgeoisie à l’ambition de conquérir son marché national à son profit et une autre prisonnière de la tradition coloniale de dépendance vis à vis de l’impérialisme étranger US. « Et du coup sous Lula 1er et Dilma Roussef, les luttes sociales revendicatives et les politiques contre la pauvreté vont être considérées par certains des patrons souverainistes comme un frein à leur profit les poussant ainsi à miser sur la corruption de certains secteurs dirigeants du PT. « Les paysans sans terre (MST) et la base des syndicats ouvriers vont de plus en plus s’éloigner puis combattre les politiques de compromissions avec un patronat toujours plus gourmand. Lula lui-même reconnaît cela après l’échec de l’élection de 1999 : « la vérité la plus dure est que ceux qui nous ont vaincus étaient les secteurs les moins favorisés de la société » (VICTOIRE DE LULA AU BRÉSIL : TIRER LES LEÇONS DE LA PREMIÈRE EXPÉRIENCE POUR AVANCER ! Octobre 2022).
La menace du fascisme néocolonial pro-US qui plane sur l’Amérique du Sud est un facteur qui rend de plus en plus nécessaire le développement de la lutte des classes laborieuses et de la lutte contre l’oppression impérialiste en direction du socialisme-communiste.
Les expériences souverainistes anti-libérales fondées sur un compromis entre bourgeoisie nationale et classes laborieuses sous la direction politique de la petite-bourgeoisie sont de plus en plus confrontées à l’offensive fasciste interne soutenue par le fascisme impérialiste.
Nous l’avons vu au Venezuela, en Bolivie, en Colombie, au Brésil, etc. Les fascistes au pouvoir bafouent sans hésitation les conquêtes démocratiques et écrasent les conquêtes sociales. La question est donc : comment empêcher la fascisation du système capitaliste impérialiste d’engendrer « la dictature terroriste du capital monopoliste financier » qu’est le fascisme selon la juste définition scientifique de Dimitrov au 7éme congrès de l’Internationale Communiste ?
La décision du pouvoir Sandiniste au Nicaragua d’interdire tout financement étranger, donc impérialiste, aux partis politiques du pays va dans le sens de démocratiser les élections. En effet, la prétendue démocratie bourgeoise fait de l’argent, détenu par les actionnaires milliardaires, le nerf de la guerre électorale qui exclut de fait les travailleurs qui vivent de leurs salaires et non des profits.
La nouvelle lutte interne antifasciste au Brésil pose de fait la question : socialisme ou barbarie capitaliste-impérialiste.
Pour notre Afrique, confrontée à la stratégie du chaos guerrier sous la forme de l’agression impérialiste par le biais du mercenariat djihado-terroriste, séparatiste et ukrainien contre l’AES ou du génocost pilleur en RDC, la recolonisation impérialiste ne peut être que fasciste. Faire échec à la guerre impérialiste comme le fait l’AES est donc une étape indispensable vers la stabilité nécessaire pour la démocratisation et l’union libre des peuples libres d’Afrique.

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