[FOCUS-EXPRESS] DPG/ASSEMBLÉE NATIONALE : le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô réaffirme l’ouverture du Sénégal et reste de pieds fermes contre la montée de la xénophobie 

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NATIONS HEBDO – À l’occasion de sa Déclaration de politique générale (DPG), le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a livré un plaidoyer ferme en faveur de la tradition d’ouverture et d’hospitalité du Sénégal, tout en appelant à un strict respect des règles encadrant le séjour des ressortissants étrangers. Devant les députés, le chef du gouvernement a dénoncé la montée de discours xénophobes dans le pays, qu’il qualifie de « discours extrêmement dangereux ».

 

« Je voudrais m’arrêter un instant sur un discours extrêmement dangereux qui commence à prospérer au pays de la Teranga : c’est la xénophobie. Il faut que ça cesse », a-t-il déclaré, invitant les Sénégalais à préserver l’image d’un pays historiquement marqué par l’ouverture et les échanges avec le reste du continent et du monde.

Pour le Premier ministre, cette ouverture ne saurait être considérée comme une faiblesse. Elle constitue, au contraire, l’un des traits fondamentaux de l’identité du Sénégal. Ahmadou Al Aminou Lô a ainsi rappelé la présence de Sénégalais aux quatre coins du monde pour souligner l’importance de la réciprocité dans les relations humaines et entre les peuples.

Tout en condamnant fermement la stigmatisation des étrangers, le Premier ministre a toutefois établi une distinction entre le rejet de la xénophobie et la nécessité pour l’État de garantir le respect des règles relatives au séjour sur le territoire national.

« Nous nous devons en retour de veiller au strict respect par les étrangers vivant parmi nous des règles de séjour », a-t-il souligné.

Cette exigence passe, selon lui, par un renforcement du dispositif de contrôle aux frontières. Le chef du gouvernement a révélé que certains postes-frontières ne disposent pas encore des équipements électroniques permettant d’enregistrer systématiquement les entrées et les sorties du territoire.

Cette situation rend notamment difficile le suivi de la durée de séjour des ressortissants étrangers. « Les gens rentrent au Sénégal, ils ne sont pas enregistrés. Vous ne pouvez pas savoir qui est resté ici plus de trois mois », a-t-il expliqué, qualifiant cette question d’« urgence » à laquelle son gouvernement entend s’attaquer.

L’objectif affiché est donc double : préserver l’hospitalité et l’ouverture qui caractérisent le Sénégal tout en dotant l’État des moyens nécessaires pour assurer un contrôle efficace de ses frontières et l’application de sa réglementation.

L’histoire et le métissage comme rempart contre la stigmatisation

Pour conforter son argumentaire, Ahmadou Al Aminou Lô s’est appuyé sur l’histoire et les trajectoires familiales qui relient intimement le Sénégal aux autres pays de la sous-région.

« Beaucoup d’entre nous ont des parents qui viennent de la sous-région », a-t-il rappelé, évoquant sa propre histoire familiale : « Quand on m’a nommé Premier ministre, on trouvait un village mauritanien où mes arrière-arrière-grands-parents étaient. »

Une référence personnelle qui lui permet de rappeler que les frontières contemporaines ne sauraient effacer les liens historiques, culturels, familiaux et humains qui unissent les peuples ouest-africains.

« C’est ça, le Sénégal. Nous sommes tous métissés. Nous avons tous des parents dans la sous-région », a-t-il poursuivi, avant de lancer un appel sans ambiguïté : « Donc cessons cette stigmatisation qui ne nous grandit pas. »

À travers cette prise de position, le Premier ministre entend manifestement réaffirmer la vocation du Sénégal à demeurer une terre d’accueil, tout en inscrivant cette ouverture dans un cadre légal clairement défini.

Sécurité intérieure et souveraineté

Dans la suite de son intervention, Ahmadou Al Aminou Lô a également placé la sécurité intérieure parmi les priorités de l’action gouvernementale. Il a évoqué la nécessité de renforcer les politiques de sécurité, tout en accordant une attention particulière à la protection civile.

Le gouvernement entend également associer davantage les jeunes aux politiques publiques liées à la sécurité, notamment à travers de grands travaux publics d’intérêt général, afin qu’ils puissent devenir « des acteurs pour la sécurité ».

Cette approche traduit une conception élargie de la souveraineté, qui ne se limite pas au contrôle du territoire ou à la sécurisation des frontières.

Diplomatie, intégration africaine et « soft power »

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Pour le Premier ministre, la souveraineté s’exprime également à travers la diplomatie et la culture. Il a ainsi réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre le renforcement de la politique étrangère du Sénégal, en mettant l’accent sur l’intégration africaine, la paix et la sécurité.

Ahmadou Al Aminou Lô a notamment salué les réalisations récentes liées au rôle du Sénégal au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ainsi que la présence de ressortissants sénégalais dans plusieurs organisations internationales.

Cette présence, selon lui, témoigne de la capacité d’influence du pays sur la scène internationale. « Nous sommes un pays avec un soft power puissant », a-t-il affirmé.

Dans cette stratégie de rayonnement, la diaspora occupe également une place centrale. Le Premier ministre a souligné l’importance de cette communauté pour le développement et l’influence du Sénégal à l’étranger, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les moyens mis à la disposition des ambassadeurs, consuls généraux et agents diplomatiques.

L’objectif est clair : permettre au Sénégal de mieux porter sa voix, ses intérêts et son identité sur la scène internationale.

Entre ouverture et fermeté républicaine

À travers ces différentes annonces, la DPG d’Ahmadou Al Aminou Lô dessine une ligne qui se veut à la fois ferme et inclusive : défendre l’ouverture historique du Sénégal, combattre toute forme de stigmatisation des étrangers, mais renforcer parallèlement le contrôle des frontières et l’application des règles de séjour.

Son message s’inscrit ainsi dans une volonté de préserver ce qui constitue, selon lui, l’un des fondements de l’identité nationale : un Sénégal ouvert sur l’Afrique et sur le monde, mais doté d’un État suffisamment organisé pour maîtriser ses frontières et faire respecter ses lois.

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