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Le Sénégal prévoit de tirer 703,2 milliards FCFA de recettes issues de l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières sur la période 2027-2029, selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP 2027-2029). Les revenus attendus sont estimés à 397,8 milliards FCFA en 2027, 168 milliards FCFA en 2028 et 137,4 milliards FCFA en 2029.
Le Sénégal commence à mesurer les retombées budgétaires de son entrée dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz. Selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) 2027-2029, l’État sénégalais prévoit d’encaisser 703,2 milliards FCFA de recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures sur les trois prochaines années.
Dans le détail, les recettes attendues s’élèvent à :
* 397,8 milliards FCFA en 2027 ;
* 168 milliards FCFA en 2028 ;
* 137,4 milliards FCFA en 2029.
Ces projections traduisent l’intégration progressive des revenus pétroliers et gaziers dans les finances publiques sénégalaises, quelques années après le démarrage de la production des projets offshore majeurs, notamment Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Des recettes publiques en forte progression
Au-delà des revenus issus des hydrocarbures, les recettes globales du budget général de l’État sont projetées à 18 286 milliards FCFA sur la période 2027-2029.
Elles se composent de :
* 17 654,8 milliards FCFA de recettes internes ;
* 631,2 milliards FCFA de recettes externes.
Les autorités tablent sur une amélioration continue des recettes publiques grâce à plusieurs facteurs :
* la mise en œuvre des réformes fiscales et douanières ;
* l’application intégrale du Plan de redressement économique et social (PRES) ;
* une meilleure gestion du portefeuille de l’État ;
* l’élargissement de l’assiette fiscale.
Les recettes internes devraient ainsi progresser de 5 527 milliards FCFA en 2027 à 6 224,2 milliards FCFA en 2029, soit une hausse annuelle moyenne de 6,1 %.
Une pression fiscale en hausse
Le gouvernement prévoit également une augmentation progressive de la pression fiscale, qui devrait s’établir à 21,2 % en moyenne sur la période sous revue.
Cette dynamique serait portée par le renforcement des mécanismes de collecte, le ciblage des secteurs à fort potentiel fiscal et l’amélioration de la mobilisation des ressources domestiques.
Des dépenses publiques toujours élevées
En parallèle, les dépenses du budget général sont projetées à 21 190,8 milliards FCFA sur la période 2027-2029.
Elles comprennent :
* 13 350,6 milliards FCFA de dépenses courantes ;
* 7 840,2 milliards FCFA de dépenses d’investissement.
Les dépenses publiques devraient passer de 6 888,5 milliards FCFA en 2027 à 7 238,9 milliards FCFA en 2029, soit une progression annuelle moyenne de 2,5 %.
Cette évolution reflète la volonté de l’État de maintenir un niveau élevé d’investissements publics afin de soutenir la croissance, les infrastructures et la transformation économique du pays.
Les hydrocarbures, un nouveau levier budgétaire
Les revenus pétroliers et gaziers devraient désormais constituer une nouvelle source de financement pour le Sénégal. Toutefois, les projections montrent que ces ressources, bien qu’importantes, ne représenteront qu’une partie des recettes publiques totales.
Les autorités sont ainsi confrontées à un défi majeur : transformer ces nouvelles ressources en investissements productifs capables d’accélérer l’industrialisation, de créer des emplois et de renforcer la résilience de l’économie.
Analyse LE BRIEF
L’entrée du Sénégal dans l’ère des hydrocarbures ouvre de nouvelles perspectives budgétaires. Les 703 milliards FCFA attendus entre 2027 et 2029 constituent une ressource significative pour les finances publiques, mais demeurent relativement modestes au regard des besoins de financement du pays.
Le véritable enjeu résidera moins dans le volume des recettes que dans leur gouvernance et leur utilisation.
L’expérience de nombreux pays producteurs montre que la richesse pétrolière ne se traduit pas automatiquement par le développement économique. La réussite du Sénégal dépendra de sa capacité à orienter ces revenus vers des investissements structurants, à renforcer la diversification de son économie et à éviter une dépendance excessive aux recettes des hydrocarbures.
Avec le pétrole et le gaz, le Sénégal dispose désormais d’un nouvel outil de transformation économique. Reste à convertir cette opportunité en croissance durable, inclusive et créatrice de valeur pour les générations futures.

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