[Le Diomayat désormais décomplexé] Le diasporique pastéfiste Gilles Eric Foadey en crie à ‘la rébellion du Président putatif’ Bassirou Diakhar Faye (G.E.F, journaliste, consultant média, interprète de conférence. Togolo-Sénégalais)

'Le Premier ministre limogé devient, en moins de soixante-douze heures, la deuxième personnalité de l’État. Une situation inédite voire, unique au monde. Flasback sur trois semaines folles dans une République initialement dirigée par un duo qui finit par un duel parti pour être feutré et à fleurets mouchetés…'. (G.E.Foadey)
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NATIONS HEBDO – Hier, c’était la rupture des eaux. La longue gestation pour la formation d’un gouvernement, s’est terminée par un accouchement au forceps. Le Premier ministre limogé devient, en moins de soixante-douze heures, la deuxième personnalité de l’État. Une situation inédite voire, unique au monde. Flasback sur trois semaines folles dans une République initialement dirigée par un duo qui finit par un duel parti pour être feutré et à fleurets mouchetés…
Tout démarre avec des signaux clairs distillés par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye lors d’un entretien accordé, le 2 mai 2026, à deux media grand public ; entretien qui n’aurait pas dû être modéré, mais qui l’a été, sans l’être vraiment, par Pape Allé Niang ci-devant directeur de la RTS, qui avait à ses côtés Moustapha Diop de Walfadjri et El Hadj Assane Gueye de la RFM. Il faudrait noter que ces deux derniers médias sont, aux yeux de l’opinion, connotés : l’un pro action gouvernementale et l’autre anti-Premier ministre Ousmane Sonko…
Au cours dudit entretien des questions critiques comme la restructuration de la dette et notre rapport avec le FMI, la renégociation des contrats léonins, l’industrialisation, le point sur nos ressources gazières et pétrolières ont été survolées voire, occultées.
En lieu et place, le président qui avait promis d’être au-dessus de la mêlée politique, s’est retrouvé dans la mélasse pour nous parler essentiellement du parti, PASTEF, qui l’a porté au pouvoir et du président de ce parti Ousmane Sonko qui, visiblement, lui fait de l’ombre. Et dire qu’il avait affirmé, il ya moins d’un an, qu’il était sous l’ombre de ce dernier pendant dix (10) ans sans pouvoir le porter au pouvoir alors que son mentor l’a fait élire président après dix jours de campagne…Autre temps autre mœurs.
Des insinuations de Pape Allé Niang, à celles sournoises d’El Hadj Assane Gueye en passant par la question qui fâche de Moustapha Diop
Un pacte lierait-il le président à son Premier ministre ? Alors que vous disiez de faire de Donald Trump un Nobel, voilà que votre Premier ministre trouve qu’il est un déstabilisateur de la paix mondiale, n’est-ce pas de l’insubordination ? Votre Premier ministre fait l’objet d’attaques sans que vous ne le protégez. Et le président, corrosif, de monter sur ses grands chevaux après avoir préalablement affirmé que l’essentiel des structures de PASTEF LES PATRIOTES est le fruit de ses œuvres et que l’on ne saurait personnifier, parler de messianisme ni encore moins de guide de la révolution ou de héros.
Un mois plus tôt, en avril, Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), et coordinateur de l’ouvrage collectif « Les Maîtres du monde : Fédérer, Gouverner, Soumettre », tenait une conférence à Dakar. Il dira d’Ousmane Sonko : « Vous avez été une voix importante (…) vous êtes le représentant d’une jeunesse qui veut être souveraine chez elle (…) et c’est pour cela que j’ai trouvé judicieux et indispensable de consacrer un chapitre à votre personnalité ».
À en croire le Président Faye, pour un Sénégal souverain juste et prospère, on ne saurait matérialiser le projet en voulant le personnifier. Il a aussi dans cet entretien affirmé son attachement à la transparence et à la bonne gouvernance tout en réitérant son ancrage dans PASTEF-LES PATRIOTES qui l’a porté au pouvoir avec, selon lui, l’aide de la Coalition Diomaye. Coalition à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux par…honneur(Ngoor). C’est fort de cet honneur, certainement, que le Président n’a pas compris pourquoi « sa » majorité à l’Assemblée nationale a introduit une proposition de loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral. Des articles qui lèvent toute équivoque sur la participation de tous aux élections présidentielles. Articles dont bénéficieraient surtout Barthélemy Toye Dias, Karim Meissa Wade, Khalifa Sall mais surtout pas Ousmane Sonko dont l’inéligibilité fut levée lors du scrutin de mars 2024 et confirmée aux législatives de novembre 2024.
Quant à la transparence et à la liberté d’expression, sans le nommer, le président est horripilé par la liberté de ton du député Cheikh Bara Ndiaye, sur les antennes de la télévision Walfadjri, qui conformément à la récente loi sur les lanceurs d’alerte n’a cessé d’alerter sur la fondation des deux premières dames et de l’usage non régalien des fonds politiques. Raillant son parti, PASTEF-LES PATRIOTES, le président a affirmé qu’il ne saurait vendre un million de cartes et a prédit que, si l’on n’y prend garde, il risquerait l’implosion.
Interrogé lors de l’entretien sur les fonds politiques et le manque de transparence quant à leur gestion, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a justifié leur maintien en évoquant des dépenses sensibles liées notamment à la sécurité, aux renseignements et aux engagements internationaux.
Les fonds de la discorde et la fondation des premières dames
Le 22 mai 2026 le Premier ministre, Ousmane Sonko avec l’ensemble de son gouvernement répondait à des questions d’actualité des députés lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale. Interpellé sur les fonds politiques, il a précisé que ceux-ci « doivent faire l’objet d’un encadrement pour plus de transparence dans leur utilisation » Et de préciser que l’encadrement des fonds politiques fait partie de leurs engagements et promesses électorales.
Il poursuivra en affirmant que sur la question desdits fonds qu’il n’est pas d’accord avec le président. Estimant, que le « président s’est trompé » tout en « espérant qu’il reviendra à de meilleurs sentiments ». Faisant la genèse du Parti PASTEF sur les fonds politiques, il a rappelé que la question de l’encadrement des fonds politiques renvoie à une position exprimée par le parti en 2014, au moment où cette formation débutait ses activités. Et de poursuivre qu’en 2019, alors candidat à la présidentielle cette approche a été intégrée dans le programme et que la même chose a été faite pour le programme de la Coalition Diomaye Président. Il martèlera, que bien au contraire, ce n’est pas une chose qui leur a été imposée.
Un peu avant minuit en ce vendredi du 22 mai, le Premier ministre écrivait sur ses réseaux « Je dormirai du sommeil du juste et d’un cœur léger ce soir à Keur Gorgui » (sa résidence privée à Dakar). Quelques minutes plus tard le couperet tombe. M. Ousmane Sonko est démis de sa fonction de Premier ministre entrainant de facto le limogeage de tout son gouvernement. Le président putatif est passé aux actes. Non content de s’émanciper, il se rebelle en limogeant son « meilleur » Premier ministre. Qui l’eût cru ? [ NDLR DE NATIONS HEBDO : selon notre fact-checking, le post de Sonko sur ses réseaux sociaux est postérieur à l’annonce de son limogeage sur la RTS 1, par décret lu en direct depuis le Palais senghorien].
Alors que le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, démissionnait du perchoir de l’hémicycle le samedi 23 mai pour devenir simple député en attendant de réintégrer le Bureau de l’Assemblée nationale, un nouveau Premier ministre, Mouhamadou Al Aminou Lo a été nommé le lundi 25 mai. Le lendemain 26 mai Ousmane Sonko réintégrait non seulement sa majorité à l’Assemblée nationale mais, bien plus, il sera porté à la tête de l’Institution par…132 députés.
Un coup de maître, un scénario inattendu…
À peine installé au perchoir, et sans la présence de la RTS, Ousmane Sonko fait un discours, épique, sur la méthode qui sera la sienne durant son magistère à la tête de l’Assemblée nationale. « En entrant aujourd’hui dans cette Assemblée nationale avec la responsabilité de la présider, je mesure pleinement la gravité du moment historique que traverse notre pays. Me voici appelé à conduire l’institution chargée de représenter directement la souveraineté populaire. Certains y voient une crise, d’autres un déchirement. Moi, j’y vois d’abord une épreuve de vérité pour notre démocratie ».
Le ton est donné. Alors que « certains croyaient que le limogeage d’un Premier ministre signifiait sa disparition politique. Mais dans une démocratie véritable, aucune fonction n’épuise la légitimité populaire. Le peuple demeure la source du pouvoir. Et cette Assemblée, forte de la confiance massive accordée au projet porté par PASTEF lors des législatives du 17 novembre 2024, possède aujourd’hui une responsabilité historique particulière ».
Fort de ses expériences, le tout nouveau président de l’Assemblée nationale estime qu’il a la carapace pour mettre en œuvre la séparation réelle des pouvoirs.
Ainsi dit-il, « j’ai été député pendant cinq longues années. J’ai connu les bancs étroits de l’opposition parlementaire, les joutes oratoires acharnées. Et parfois, l’épuisement du combat solitaire contre des majorités qui confondaient la force du nombre avec la légitimité du droit. Puis j’ai été maire, appelé à devenir Premier ministre ensuite. Cette expérience, renforcée par mon parcours technique dans la haute fonction publique, et la parfaite connaissance de tous les dossiers gouvernementaux en cours, seront des atouts précieux pour la montée en puissance de notre Assemblée dans ses rôles constitutionnels ».
Se voulant rassurant et s’adressant aux joueurs de Cassandre, il estime que « depuis plusieurs mois, notre pays a vu émerger des divergences profondes au sommet de l’État. Elles ont été décrites comme des rivalités personnelles, des conflits d’ambition ou des luttes d’influence. Je ne souhaite pas nourrir cette lecture réductrice. Ce qui est en jeu dépasse les individus. Ce qui est en jeu, c’est le rapport entre la morale et la politique ». Inspiré, il fait appel à Aristote dans son Éthique à Nicomaque où, ce dernier disait que « la politique est l’art suprême parce qu’elle a pour finalité le bien commun. Non pas le bien d’un clan; non pas la conservation d’un pouvoir pour lui-même. Mais le bien de la cité. Il rappelait également qu’aucune cité ne peut durer si la vertu disparaît de ceux qui la dirigent ».
De la nouvelle responsabilité qui est la sienne, il affirme sans ambages qu’il ne l’utiliserait pas pour « organiser le chaos institutionnel. Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. Ce serait trahir notre propre combat. Mais je le dis avec la même clarté : l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action gouvernementale. Elle exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles de vote des lois, de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques. Elle défendra la transparence des finances publiques, la reddition des comptes et la souveraineté populaire. Elle usera de tous les leviers de contre-pouvoirs constitués, selon la gravité des faits et des circonstances ». Car, précise-t-il en citant Saint Augustin « qu’est-ce qu’un État sans justice, sinon une grande association de brigands ? Cette phrase demeure d’une actualité implacable pour toutes les nations du monde. Car lorsque la puissance publique cesse d’être ordonnée à la justice, elle ne produit plus la confiance ; elle produit la résignation ou la colère ».
Le guide de la révolution démocratique et citoyenne qu’est Ousmane Sonko et son parti sont plus que conscients de la responsabilité qui est la leur dans la conquête douloureuse du pouvoir ; ce qui l’amènera à asséner que leur « responsabilité historique est immense parce que notre peuple a beaucoup souffert pour rendre possible la révolution citoyenne par les urnes de 2024. Des jeunes sont tombés. Des familles ont pleuré. Des citoyens ont connu la prison, la peur et parfois l’exil. Le peuple sénégalais n’a pas porté notre projet au pouvoir pour assister à une simple permutation d’élites ».
In fine, il finira par définir le cap de sa responsabilité historique dans la phase d’une cohabitation inédite où le président qu’il a fait élire a tourné le dos à sa formation pour gouverner avec ceux qui l’ont combattu. Bref, le président Bassirou Diomaye Faye a décidé de faire du PASTEF sans le PASTEF. Cette nouvelle phase unique en son genre ne devrait pas porter les germes de la confrontation. Seulement, « elle sera traversée par des tensions, des tentatives de division et des pressions multiples. Mais elle peut aussi devenir un moment de maturation démocratique. Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans haine, sans violence et sans effondrement institutionnel. Nous devons prouver qu’un peuple africain peut débattre fermement sans détruire son propre État. Nous devons démontrer que la fidélité aux principes est plus forte que les calculs de circonstance ».
Il faudrait noter que l’alors Premier ministre, fort de sa stature et de son aura, a su manœuvrer méticuleusement pour respecter les engagements pris par le Sénégal pour honorer ses dettes, et ce, sans l’apport du FMI. Il a renégocié les contrats léonins qui ont valu, entre autres, à la PETROSEN de recouvrer totalement le bloc pétro-gazier de Yakar Sangomar. En deux ans son gouvernement a pu diminuer significativement les denrées de première nécessité, de l’essence et du gaz, qui malgré la crise au Moyen Orient n’ont toujours pas connu de hausse, mis en place un Plan de Redressement Social et Économique(PRES) et fait de la bonne gouvernance et de la souveraineté son bréviaire tout en se heurtant à un Diomaye qui n’a pas eu la volonté politique de pousser la justice à faire la reddition des comptes et rendre justice aux victimes de la barbarie de Macky Sall. Sonko hors champ, les prédateurs reviendront aux côtés de Faye. La Révolution citoyenne connaîtra une pause. Pour, revenir en force en 2029, insh Allah, avec des preux qui auront à leur tête Ousmane Sonko. Esseulé, Diomaye n’a pas eu l’intelligence de continuer à cheminer avec les ministres de Sonko. Ce faisant, il assumera sa part du bilan en 2029. Pour l’heure, il a rompu le pacte tacite de loyauté et de fidélité en voulant s’émanciper de son mentor. Un gâchis pour le Sénégal. C’est dommage.
Un Congrès et une investiture d’anthologie
C’est fort de tout ce qui précède et pour contrer les contre-révolutionnaires que le Congrès de PASTEF LES PATRIOTES est venu à son heure comme pour mobiliser et galvaniser les militants et innombrables sympathisants de PASTEF-LES PATRIOTES.
Durant ce congrès historique, suivi du plébiscite d’Ousmane Sonko à la tête du parti pour six (06) ans, ce dernier a insisté sur le fait que « la conquête du pouvoir ne garantit pas à elle seule la transformation de l’État ». Il estime que les « expériences historiques montrent que les changements politiques peuvent être freinés, détournés ou vidés de leur substance lorsqu’ils ne reposent pas sur une organisation solide et sur une doctrine clairement assumée ». Le Congrès a réaffirmé la notion de souveraineté. Une souveraineté qui, selon Félix Atchadé, membre de la Commission scientifique du Congrès, doit être « comprise comme une pratique quotidienne qui doit se mesurer à la réduction progressive des dépendances structurelles : financière, technologique, conceptuelle ». Mieux, poursuit-il, « une gouvernance souveraine ne se définit pas par l’autarcie, mais par la capacité à hiérarchiser des choix nationaux. Une méthode véritablement souveraine est celle qui rend des comptes, qui explique, consulte, associe. Un peuple qui ne comprend pas les choix effectués en son nom n’exerce pas sa souveraineté ; il la délègue aveuglément ».
Quand Ousmane Sonko affirme que « la souveraineté se construit par la maîtrise de nos ressources, de notre économie et de nos décisions », Félix Atchadé estime que la formule est juste, tout en précisant que la « maîtrise des décisions n’a de sens que si le peuple en est l’acteur, pas seulement l’objet ».
À ce Congrès, PASTEF-LES PATRIOTES s’est doté des instruments nécessaires à une transformation durable. Les textes adoptés parlent « d’État stratège, d’économie productive, de souveraineté économique, de renforcement du contrôle démocratique, de bataille culturelle et d’organisation populaire. Ils traduisent une volonté d’accélérer la transformation plutôt que de simplement administrer l’existant ». Bien plus, les textes « réaffirment le renforcement des institutions, la transparence publique, le contrôle parlementaire, la reddition des comptes et la participation citoyenne ».
De la cohabitation « douce » à la cohabitation « constructive »
C’est dans ce contexte inédit qu’Ousmane Sonko se doit, de par sa nouvelle posture, de préserver le mandat de PASTEF-LES PATRIOTES suite à la sortie de route de Bassirou Diomaye Faye. Car in fine, les 54% des citoyens qui ont voté aux présidentielles de mars 2024 et aux législatives de novembre 2024 l’ont fait pour, porter une dynamique de changement systémique à travers le projet structurant la Vision 2050 et non pas pour un contrat personnel entre deux individus. Pour ce faire, il devrait être fin manœuvrier. Ainsi dans une interview accordée le 15 juin dernier aux voix de la France que sont France 24 et RFI, il a estimé que « Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir » en rassurant qu’il ne saurait y avoir de « déchirure ». Bien qu’il puisse « avoir des divergences politiques programmatiques ». Vu sous cet angle, Ousmane Sonko devrait se réinventer pour, après avoir assumé la « cohabitation douce », aller vers ce que l’on pourrait appeler la « cohabitation constructive ».
Le Sénégal se doit d’imaginer une autre voie atypique de la notion de séparation des pouvoirs. Pourquoi ? Parce que les engagements pris vis-à-vis du peuple sénégalais, pour la plupart, ont été dévoyés par le président Faye qui n’a pas la volonté de les respecter.
Destinée à éviter le despotisme et à garantir la liberté des individus, la séparation des pouvoirs est une technique constitutionnelle. Pour le cas d’école du Sénégal, il va falloir trouver une hiérarchie entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif pour qu’ils puissent aller de concert, et ce, dans l’intérêt bien compris de la majorité des Sénégalais qui ont voté pour « LA » rupture systémique. Il ne faudrait surtout pas de séparation absolue des pouvoirs exécutif et législatif, afin d’éviter un désordre, voire une crise, en cas d’opposition entre les deux pouvoirs. Dans le cas précis inédit du Sénégal, il serait intelligible d’opter pour une séparation souple et collaborative entre l’exécutif et le législatif.
C’est à l’aune de cette approche qu’il faudrait analyser la proposition de loi visant à changer le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle. Il serait de bon ton de revoir la manière de désigner les neuf (09) juges qui la composeront. Donner la prérogative au chef de l’État de désigner cinq (5) des neuf (9) membres participera à compromettre son impartialité. Fort de cela, et sous l’angle du compromis dynamique, le bon sens accepterait que les membres de la nouvelle Cour constitutionnelle soient concurremment nommés et de manière équitable, à raison de trois (03) membres par le président de la République celui de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. La même logique s’appliquera aussi à la CENI.
À l’épreuve du pouvoir, les deux institutions dans leurs intérêts bien compris et, au service des Sénégalais et Sénégalaises, devraient intelligemment cohabiter pour mettre en œuvre le projet de PASTEF-LES PATRIOTES, la Vision 2050.
Au finish et comme le disait Montesquieu « quiconque qui possède le pouvoir ait tendance à en abuser est une vérité éternelle. Ils ont tendance à aller aussi loin que les barrières le permettront ». La majorité de PASTEF-LES PATRIOTES se doit de contrôler et d’empêcher les tentatives d’abus de pouvoir de Bassirou Diomaye Faye pour le salut et la stabilité du Sénégal. Et, pour sûr, les actes posés par la démocratie sénégalaise feront date.

Gilles Eric Foadey

Journaliste, consultant media, et interprète-traducteur de conférence. Résident de Johannesburg. Collaborateur du Département Affaires politiques, Paix et Sécurité de la Commission de l’Union africaine à Addis-Abéba. Responsable de la Communication du NEPAD de 2009 à 2016.

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