NATIONS HEBDO – Et pendant ce temps-là, pendant ce temps qui nous rend las, les extrémistes droitiers de tous poils en France se disputent l’héritage symbolique de Jean-Marie Le Pen, alors que se profile la présidentielle hexagonale d’avril 2027, dans un climat où tous redoutent l’arrivée présumée inéluctable au pouvoir de l’extrême-droite. En Toubabie, amis citoyens majeurs et électeurs de l’Aphrance, préparez-vous, nous vous en conjurons, à voter Mélenchon pour faire taire les peurs dont le Rassemblement national ‘‘effet-haine’’ de Marion Anne Perrine (les vrais prénoms de Marine) Le Pen se fait le fourrier autour de l’immigration, de l’identité nationale et de l’insécurité présumée atavique dans les quartiers dits difficiles. Comme en 2002, il y faudra un barrage républicain. Le Pen ou Bardella ? kif-kif bourricot. Et que les bourricots me pardonnent de les mêler à cette controversée scène politique française…
Pour en venir au Sénégal, après avoir entendu le Président Diomaye dans son interview new-yorkaise, l’alternative semble être la suivante : soit on a un couplage électoral des Locales et des Législatives qui nous vient de la planète… Mars 2027, soit les élections locales sont reportées à la fin de 2027, en décembre, comme l’a indiqué le Président Diomaye en s’appuyant sur les décisions de la Cour suprême, saisie par la société civile et par l’opposition afin de le convaincre de fixer les Locales au plus tard le 17 janvier 2027. La Cour a considéré que l’absence de décret fixant la date des élections ne compromettait pas, en l’état du droit et des faits, leur organisation et qu’aucun délai couperet n’était imposé à l’autorité administrative compétente.
Alors, où est donc passée l’hypothèse du couplage des Locales et des Législatives ? Elle n’est pas une décision annoncée par le Président. Elle est évoquée dans la presse sénégalaise, notamment autour du scénario d’une dissolution de l’Assemblée nationale suivie d’un couplage des deux scrutins. Or, dans son entretien avec RFI et France 24, le Président Faye a précisément déclaré qu’il n’y avait, à ce stade, « pas de fixation sur une dissolution de l’Assemblée » et qu’il déciderait « le moment venu », selon le contexte. Parce que, pour l’heure, entre une dissolution qui n’est pas annoncée, des élections locales dont la date n’est pas fixée et un président qui dit ne pas vouloir que le Sénégal tombe dans une « obsession électorale permanente », le calendrier électoral ressemble davantage à une équation politique en suspens qu’à un agenda déjà écrit.
« Mars 2027 : la planète électorale ? »
L’hypothèse sénégalaise d’un couplage pourrait donner aux élections locales une dimension nationale beaucoup plus forte que celle de simples joutes « mbappatiques » localo-locales. Car pour ce qui est du pays du vétérinaire Birago Diop qui savait soigner les fièvres de cheval, le seul plan présidentiel qui tient la route et dégage l’horizon pour que tout le pays se (re)mette au travail, c’est de dissoudre l’Assemblée Nationale pastéfiste et très peu pasteurisée, pour dès à partir du 3 décembre prochain, et de coupler les élections législatives et locales communales territoriales pour les organiser en fin mars 2027 (à la date hautement symbolique du 24 mars qui fut celle de la dernière élection présidentielle sénégalaise? ou à la date du lendemain 25 mars 2027 qui est le jour de naissance et d’anniversaire du PR Diomaye pour jouer ainsi la carte des sentiments et sur la corde sensible de l’affectueux « ndeyssane » du peuple sénégalais ?) en direction d’un Mortal Kombat électoralo-référendaire de toutes les clarifications. Clarification d’abord entre les camps fratricides Diomaye-Sonko (oscillant entre Brutus et brutalisme), et aussi, pourquoi pas, entre le régime à deux têtes siamoises fâchées exécutivo-législative d’une part et d’autre part, ce qu’il convient d’appeler l’opposition conventionnelle, dont on attend encore le réveil de lions endormis (ou de lions édentés ?).
C’est au moment même où l’on nous enjoint depuis le sommet de l’État de ne plus nous préoccuper de politique mais de laisser le pays (et lui permettre de) se mettre au travail, qu’il nous faut encore et toujours parler de politique. Y compris de politique politicienne. Surtout si c’est le sort de l’économie que nous avons à cœur . En parler, de politique, pour plusieurs raisons, que voici. Si tu ne fais pas de politique, « la politique te fera ». Ensuite, l’État diomayen, même si actuellement encore payeur lent à la détente selon les critiques régulièrement formulées dans le débat public, est le premier Client du Secteur Privé national. Par ailleurs , l’État du Diomayat est le premier employeur en nombre de jobs formels dans ce pays et a la plus grosse masse salariale supportée par son Trésor Public. Enfin, détenir l’info stratégique sur la politique, les politiciens et les politiques publiques, c’est pouvoir mieux décider quand on est un décideur et être en capacité de faire des choix éclairés quand on est un citoyen concerné par l’avenir des nouvelles générations, par le quotidien des laissés-pour-compte et par le devenir de notre leadership national.
Le vrai sujet, finalement ? Derrière les dates, les couplages possibles, les dissolutions éventuelles et les batailles partisanes, une question demeure : quel calendrier électoral permettra au Sénégal de clarifier durablement son paysage institutionnel tout en permettant à l’État et au secteur privé de se remettre pleinement au travail ? C’est là que se trouve peut-être la véritable question de 2027. Aujourd’hui, c’est déjà demain.
Ousseynou Nar Gueye
Président d’NRJ, Nouvelle République Juste

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