[TRIBUNE] ‘Cleaning Day, Setal, Sétal Sunu Réew, etc. : comment éviter les actions ponctuelles et ancrer le civisme de la propreté dans l’incarnation quotidienne de nous autres Sénégalais(es) ?’ (Par Mariétou Dieng, parti REWMI, Parlementaire Honoraire)

Publicité

NATIONS HEBDO Marietou Dieng, Députée honoraire – Sénégalais(e)s, j’ai écouté avec attention la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre Ahmadou Al AMINOU Lô. Elle comporte des constats pertinents et des orientations qui méritent d’être examinées avec sérieux. Mais une Déclaration de Politique Générale ne peut être seulement un exercice de vision. Elle doit également permettre aux citoyens de comprendre quoi sera fait, dans quels délais, avec quels moyens et selon quels résultats attendus. C’est inévitablement à cette aune que nous devons apprécier l’action publique. Je prends donc la parole non pas pour critiquer pour critiquer, mais parce qu’une opposition responsable doit alerter, questionner et proposer.

 

 Le coût de la vie : les familles attendent des résultats.

Le riz, l’huile, le transport, le logement et les dépenses quotidiennes pèsent lourdement sur les ménages. La souveraineté alimentaire est une ambition nécessaire. Mais elle doit désormais se traduire par des mesures concrètes permettant de réduire progressivement la pression qui pèse sur les familles.

Les Sénégalais ont besoin de prix maîtrisés, de revenus protégés et de perspectives économiques crédibles.

Institutions : sortir de la confrontation permanente.

Les relations entre les différentes institutions de la République ne doivent pas devenir un facteur de blocage. Le Sénégal a besoin d’un État qui fonctionne, d’institutions qui coopèrent et d’une majorité comme d’une opposition capables de placer l’intérêt général au-dessus des querelles politiques. La compétition électorale doit avoir une limite : celle de l’intérêt national.

Éducation : ne pas laisser les familles seules face à la rentrée.

La rentrée scolaire est toujours un moment de forte pression financière pour les ménages. Au-delà des infrastructures et des programmes, nous devons nous interroger sur les conditions concrètes dans lesquelles les enfants sénégalais étudient et sur les sacrifices consentis par leurs parents. Investir dans l’école, c’est investir dans la stabilité et l’avenir de la Nation.

Mais l’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances. Elle doit également former des citoyens.

Et c’est précisément sur ce point que je souhaite formuler une proposition :

 « DU CONCEPT À L’INSTITUTION : FAIRE DU CIVISME UNE POLITIQUE PUBLIQUE »

Depuis plusieurs années, différentes initiatives ont été lancées autour de la propreté, de l’engagement communautaire et de la mobilisation citoyenne.

Le Cleaning Day, le Setal, puis le Sétal Sunu Réew ont permis de mobiliser les populations.

Mais une question demeure :

Comment transformer ces mobilisations ponctuelles en comportements durables ?

Une nation ne peut pas construire durablement son civisme uniquement à travers des journées de mobilisation. Elle doit l’inscrire dans l’éducation, les institutions et la vie quotidienne des citoyens.

Je propose donc la création d’une structure nationale dédiée à la citoyenneté et au civisme, avec une implantation territoriale forte.

Selon les moyens disponibles, celle-ci pourrait prendre la forme d’une institution autonome ou, dans un premier temps, d’une Cellule nationale pour la citoyenneté et le civisme, placée auprès de la Présidence ou de la Primature.

Son rôle serait simple : faire du civisme une politique publique permanente et mesurable.

Publicité

Cette structure pourrait notamment :

À l’école. Renforcer l’éducation civique et morale, en associant l’enseignement théorique à des activités pratiques : protection de l’environnement, plantation d’arbres, entretien des espaces publics, micro-jardins scolaires et actions communautaires.

Dans les quartiers, associer davantage les associations sportives et culturelles, les jeunes et les organisations communautaires aux programmes de citoyenneté.

Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, que les grandes compétitions populaires soient accompagnées d’actions citoyennes locales évaluées avec les collectivités territoriales ?

Dans les marchés et espaces publics, mettre en place un système de reconnaissance et d’incitation en faveur des marchés, quartiers et collectivités qui obtiennent les meilleurs résultats en matière de propreté et de civisme.

Dans l’administration.

Faire de l’exemplarité et du devoir de service une composante permanente de la formation des agents publics.

Notre ambition doit être plus grande:

• Il ne suffit plus d’organiser périodiquement des opérations de nettoyage. Il faut apprendre à nos enfants à ne pas salir.

• Il ne suffit plus de rappeler les règles aux citoyens. Il faut leur donner les moyens de comprendre pourquoi elles existent.

• Il ne suffit plus de parler de civisme. Il faut l’enseigner, l’évaluer, l’encourager et l’intégrer à notre fonctionnement collectif.

L’engagement est une décision. L’action est un choix, et le Sénégal mérite les deux.

Une opposition utile, c’est une opposition qui déconstruit ce qui doit l’être, mais surtout qui construit des alternatives.

Le Sénégal a besoin de nous. Vigilants quand il le faut. Exigeants quand il le faut. Et toujours en position de force de propositions.

C’est le choix que je fais : défendre une politique de responsabilité, de citoyenneté, de respect des institutions et d’action concrète dans nos quartiers et nos communes.

Le Sénégal nous appartient à tous. Ne nous contentons pas de le gouverner. Construisons-le.

Dakar, dimanche 13 septembre 2026

Mariétou DIENG

Députée honoraire de la XIVe législature

5e Vice-Présidente du parti Reew Mi

Présidente de l’OPECC

Dakar, Keur Massar, Malika

Publicité
Article précédent[LASER] ‘DPG DU PM AMINOU LÔ : le vrai test n’est pas le diagnostic, bien posé mais les résultats dans les 6 prochains mois’ (Par Elimane H. KANE, membre de la société civile)
Article suivant[ITV-LASER] ÉLECTIONS LOCALES : le directeur exécutif de l’ONG 3D, Moundiaye Cissé, flaire que ‘la tenue’ est désormais ‘difficilement envisageable’

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici