ROUTES : LE NOUVEAU DIRECTEUR DU FERA, CHEIKH DIENG, FACE AU DÉFI DE L’ENTRETIEN PLUTÔT QUE DU SIMPLE ‘BITUMAGE’

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NATIONS HEBDO- Le débat sur les infrastructures routières entre dans une nouvelle phase. Après des années dominées par les grands projets d’autoroutes, de ponts et de routes nationales, la question qui s’impose désormais est beaucoup moins spectaculaire mais beaucoup plus fondamentale : comment entretenir durablement ce qui a déjà été construit ? Le nouveau directeur général du Fonds d’entretien routier autonome (FERA), Cheikh Dieng, vient précisément de placer cette problématique au cœur de sa feuille de route. Il a présenté ses priorités pour restructurer et améliorer l’efficacité de l’institution.

Le sujet est stratégique. Une route ne constitue pas seulement une infrastructure de transport. Elle est une artère économique. Elle permet aux agriculteurs d’acheminer leurs productions, aux commerçants de circuler, aux élèves d’accéder aux écoles et aux patients de rejoindre les structures sanitaires. Le FERA rappelle d’ailleurs que le réseau routier constitue un levier essentiel de la connectivité économique et territoriale du pays. Le problème sénégalais est connu : les investissements dans les nouvelles infrastructures mobilisent des ressources considérables, mais l’entretien quotidien reste souvent moins visible politiquement. Pourtant, quelques kilomètres de chaussée dégradée peuvent suffire à isoler une localité ou à augmenter fortement les coûts de transport.

Cette question est particulièrement importante dans les régions périphériques. À Matam, par exemple, les autorités ont récemment insisté sur l’urgence de réhabiliter plusieurs axes routiers, confrontés à la dégradation et aux effets des eaux de pluie. Le Sénégal doit donc changer de culture infrastructurelle. Construire une route doit désormais signifier : financer sa construction, mais aussi programmer son entretien sur dix, quinze ou vingt ans.

Cette logique suppose une meilleure programmation budgétaire, une surveillance technique plus rigoureuse et une responsabilisation accrue des entreprises chargées des travaux. Elle suppose également une meilleure utilisation des données : cartographie des dégradations, suivi numérique des interventions, contrôle de la qualité des ouvrages et évaluation régulière des coûts.

Il existe également un enjeu social. L’entretien routier peut devenir un important instrument de création d’emplois locaux, notamment pour les jeunes, si les collectivités et les entreprises régionales sont davantage intégrées aux programmes.

La nouvelle orientation du FERA intervient ainsi à un moment décisif pour le Sénégal. Le pays ne peut plus mesurer sa performance uniquement au nombre de kilomètres inaugurés. La véritable réussite sera désormais de maintenir les routes en bon état suffisamment longtemps pour qu’elles produisent leur rendement économique et social. Dans le Sénégal de la Vision 2050, l’entretien routier doit donc cesser d’être considéré comme une dépense secondaire. C’est un investissement productif.

NATIONS HEBDO

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